Le 17 novembre 2018, la mobilisation des Gilets Jaunes commençait. En tant que photographe marocain, j'ai voulu couvrir les premiers élans d'une protestation qui allait devenir un mouvement d’opposition au pouvoir en place.
Né dans un pays où la liberté d’expression et de manifestation est limitée, il m'importait d'assister à cette dynamique déterminante pour des classes sociales qui ne sont pas nécessairement syndicalisées, ne se revendiquent pas d’une idéologie précise et qui pourtant se sont fédérées autour d’une cause commune : la recherche d’un nouveau modèle de démocratie.

Spontanément, je me suis intéressé au travail de la police. Militant pour la défense des droits humains au Maroc, j’ai eu à affronter la répression des forces de l’ordre à l’encontre de nos mouvements. J’ai donc voulu observer la réponse des autorités françaises face à l’action de la population à l’encontre de son gouvernement. Je ne m’attendais pas à autant d’usage de la force au sein d’un pays connu pour son histoire et ses combats pour la démocratie. La violence à laquelle j’ai été amené à assister, dans les actes mais aussi dans le matériel choisi par les autorités, démontre que les zones à risque ne sont pas nécessairement des zones de guerres.

                                                     

                                                                                                                                                                                                                                                 Texte © Laure Martin

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